mercredi 29 novembre 2017

Me voici

Me voici
Here I am
Jonathan Safran Foer
Editions de l'Olivier, 2017
Traduit par Stéphane Roques



En abordant ce pavé de 740 pages, le lecteur qui connaît (un peu) l'auteur se doute qu'il y aura du copieux et du non linéaire, et que l'effort demandé sera récompensé.

Pour aller vite, disons qu'il s'agit d'une histoire de famille. Celle de Jacob et Julia Bloch, avec leurs trois fils Sam, Max et Benjy (sans oublier le chien Argos, l'Odyssée me poursuit!), les parents de Jacob, et son grand père Isaac, dont le passé est résumé dans l'éblouissante première page du roman. Passé, présent (Sam doit faire sa bar-mitsva mais il y a un petit hic) et futur (oui, l'histoire se déroule de nos jours, avec un événement imaginaire, et courtes ouvertures sur vingt ans après). Le tout avec une extraordinaire fluidité.

Le couple Julia-Jacob est en train d'exploser, en dépit de la famille qu'ils ont formée. Le lecteur omniscient ou presque se dit qu'il suffirait de si peu pour que... Les deux sont (ou essaient d'être) de bons parents et de superbes passages sur l'amour parsèment le roman.
J'ai parlé de bar-mitswa, la religion juive et Israël forment un arrière plan (voire premier plan à certains moments) incontournable. C'est absolument intéressant et intelligent, et même émouvant (j'ai aimé le discours du rabbin à l'enterrement). D'ailleurs le titre 'Me voici' reprend la réponse d'Abraham à trois reprises quand il se prépare à sacrifier son fils Isaac (là c'est un passage de la Genèse)(page 144 dans le roman).

Ajoutons des cousins israéliens en visite, un Second Life ou même genre (au fait, ça existe encore, Second Life?), des pages inénarrables sur IKEA (vers page 714), et plein plein de passages qui font mouche. Je ne dis pas qu'on ne ressente pas le besoin de souffler parfois, mais un dialogue vif (oui il y a beaucoup de dialogues, ça aide!), une réflexion percutante arrivent, et on est repris...

"Nous vivons dans le monde, songea Jacob. Cette pensée semblait toujours s'imposer en général en contrepoids du mot idéalement. Idéalement, nous ferions des sandwichs dans des foyers pour sans-abri chaque week-end, nous apprendrions à jouer d'un instrument à un âge avancé, et cesserions de considérer qu'être parvenu à la moitié de sa vie, c'est avoir un âge avance, et nous utiliserions d'autres ressources mentales que Google, et d'autres ressources physique qu'Amazon, et supprimerions définitivement les macaronis au cheddar de notre régime alimentaire, et consacrerions au moins un quart du temps et de l'attention qu'ils méritent à nos proches vieillissants, et ne mettrions jamais un enfant devant un écran. Mais nous vivons dans le monde, et dans le monde il y a l'entraînement de foot, l'orthophoniste, les courses, les devoirs, le maintien d'une maison dans un état à peu près propre, l'argent, les humeurs, la fatigue,et puis nous ne sommes que des êtres humains, et les êtres humains non seulement ont besoin de petits moments où ils lisent le journal en buvant leur café, voient leurs amis, font une pause, mais ils les méritent, ces petits moments, également, si bien que aussi belle que osit cette idée, nous n'avons aucune chance de la mettre en pratique. C'est nécessaire, mais nous n'en avons pas la capacité."

En cherchant pour cet article, j'ai découvert que l'auteur est séparé de son épouse Nicole Krauss. Non mais quoi!

L'avis de cuné ( passé hors de mes radars, mais je me rattrape)

lundi 27 novembre 2017

La course

La course
The race
Nina Allan
Tristram, 2017
Traduit par Bernard Sigaud


Après Complications je me suis jetée sur cette Course, annoncée comme étant enfin un roman de Nina Allan, après des nouvelles remarquables et remarquées.

Bienvenue à Sapphire, ex station balnéaire du sud de l'Angleterre. Les marais ont été asséchés, l'industrie s'est installée (extraction de gaz de schiste?), bref, c'est désormais ruines industrielles, pollution, et misère.
Le coin est désormais connu pour ses élevages et ses courses de lévriers, mais attention, des lévriers transgéniques, capables de performances incroyables, surtout lorsqu'ils sont bien coachés par un 'pisteur', un humain doté d'une puce lui permettant de 'communiquer' avec son animal.
Del, le frère de Jenna, n'a pu devenir pisteur, mais il fera concourir Lim dans une course qu'il doit absolument gagner, le gain servant à payer la rançon de Maree, sa toute petite fille enlevée pour des raisons obscures (quoique). La narratrice Jenna confectionne de magnifiques gants pour les pisteurs.

130 pages, et puis brusquement l'on passe à Christy, l'on bascule dans une autre histoire. Pourtant les mères de Jenna et Christy ont toutes deux disparu du domicile familial, les deux jeunes filles ont un frère. Un lien semble apparaître, Christy deviendrait-elle l'auteur de la première partie?
En tout cas en troisième partie, en gros vingt ans plus tard, elle est écrivain. Puis la dernière partie nous apprend ce qu'est devenue Maree. Pour achever de déboussoler le lecteur, le livre de Nina Allan se termine par une nouvelle de Christy Peller, avec toujours Maree comme héroïne.

Le lecteur se doit donc de demeurer attentif et de guetter les multiples détails parsemés dans ces histoires à première vue indépendantes, des histoires 'en miroir' (et je n'utilise pas ce mot par hasard).

"C'était une idée qui ne m'était jamais venue à l'esprit - que vous pouviez écrire un livre sur un lieu réel, un lieu que vous connaissiez bien,et pouviez, rien qu'en modifiant et en ajoutant de menus détails, le changer en quelque chose de complètement différent. Un lieu où il se passait de belles choses, ou des choses affreuses."

Ladite science fiction peut consister tout simplement en de légers décalages du réel, tout en subtilité. Nina Allan est extrêmement douée dans ce domaine. Ses histoires sont parfaitement 'normales', avec ce petit pas de côté que l'on finit par quasiment oublier, jusqu'à ce que...

Les avis de Charybde,

Tristram est l'éditeur du mois chez Tête de lecture.

vendredi 24 novembre 2017

Afrique australe 4 : des habitants!

Lors du voyage tout de même il y eut des rencontres avec les habitants (mais je me retiens toujours un peu de prendre des photos)

A Swakopmund, grande ville de Namibie, l'on nous a proposé une visite dans les townships. Pourquoi pas, donc, même si cela fait un peu trop 'pour touriste'.
Visite au marché (pas de photos des vendeuses, des produits, des gamins, etc.) et arrêt dans une maison pour rencontrer deux dames Herrero dans leurs habits traditionnels.

Pour en avoir aperçu d'autres en pleine ville (ailleurs) l'on peut suggérer que même si c'est un peu 'mis en scène' ici, l'habit traditionnel est encore porté de façon usuelle.

Le quartier lui-même est comme un quartier de ville africaine, dorénavant chacun peut habiter où il le désire, mais du temps de l'apartheid (existant aussi en Namibie puisque le pays, après avoir été une colonie allemande, est passé sous protectorat sud africain, et est indépendant depuis 1990), selon ton ethnie, tu habitais tel ou tel quartier.
Petit tour dans un quartier à la périphérie, où habitent des nouveaux arrivants, enregistrés, mais dans des habitations précaires (pas destinées à durer-quoique)
Comme un bidonville?
Retour dans le township précédent pour découvrir des spécialités
Galette de céréales pour attraper les autres aliments -pas de couverts
Fruits, haricots

Poulet, chenilles (testé), épinards
 Plus au nord, arrêt dans un village Himba. Les hommes gardent les troupeaux quelque part, les femmes et les enfants sont là.



 Terminons avec des gens que l'on ne verra pas, mais qui ont laissé voici des siècles des traces sur les parois. Les Bushmen habitaient ici (on dit les San, ils sont actuellement peu nombreux, dans une autre partie du pays, oui, ils parlent une langue avec des clics, on a eu une démonstration)


 Une idée du coin reculé, et quelques dessins.


mercredi 22 novembre 2017

Une odyssée

Une odyssée
un père, un fils, une épopée
Daniel Mendelsohn
Flammarion, 2017
Traduit par Clotilde Meyer et Isabelle D. Taudière



Daniel Mendelsohn est l'auteur des Disparus, à lire absolument, et le voici de retour avec Une odyssée, recensé par Dominique, et forcément noté derechef comme indispensable.

Qui a lu l'Odyssée? Je ne dis pas forcément en VO, mais en version intégrale? On croit connaître, en tout cas (Ulysse, le retour de Troie, Pénélope, tout ça) et quel meilleur professeur pourrait-on choisir que Daniel Mendelsohn? Lors d'un semestre à l'université consacré à l'Odyssée, voilà que son père Jay, 81 ans, scientifique à la base, demande à assister à ses cours. Promettant de ne pas intervenir, promesse bien sûr non tenue, mettant parfois son fils dans l'embarras. En effet Ulysse ne lui plait guère.

Voilà donc le lecteur assister aux cours, aux débats, aux explications éclairantes de Daniel Mendelsohn, et ce n'est que du bonheur! Avec parfois quelques surprises pour l'auteur, poussé dans ses retranchements.
"Non, vraiment, quand vous enseignez, vous ne savez jamais quelles surprises vous attendent: qui vous écoutera ni même, dans certains cas, qui délivrera l'enseignement."

S'il n'y avait que la recension de ce cours, ce serait déjà admirable. Mais "Un fils en quête de son père. Ainsi commence l'Odyssée, et ainsi finit-elle." Trois générations : Télémaque, Ulysse, Laerte. Daniel Mendelsohn évoque la personnalité de son père, à ses yeux en tout cas, un homme assez rigide et peu expansif. L'oeuvre d'Homère révèle des résonances dans leur histoire personnelle, Dominique parle par exemple des lits (fabriqués par Ulysse, et par Jay), je parlerai juste d'une certaine honte de Daniel à l'égard de Jay, et de son choix de mentors ou 'pères choisis'. Une remarque de Jay au sujet de Télémaque et Eumée, "ça a dû être dur pour lui -Ulysse- d'être obligé de rester là, imperturbable, à regarder son fils se comporter avec l'autre comme si c'était son vrai père", remarque que Daniel Mendelsohn ne commente pas dans le livre, n'en est que plus forte.
Le livre est plein de ces échos entre passé homérique et passé/présent du père et du fils Mendelsohn.

Mais ce n'est pas tout: père et fils s'inscrivent à une croisière en Méditerranée, "Sur les traces d'Ulysse" et le compte rendu de cette 'odyssée' s'inscrit dans le livre.

En conclusion : c'est forcément érudit, mais ça se lit sans peine, c'est passionnant, riche, dense et donne à réfléchir.

Le récent billet de myriam (Aifelle, tu attends quoi?) et d'autres vies que la mienne, papillon, galéa,

Pour faire court, je dirai de même de la BD suivante, lue en parallèle
Ulysse les chants du retour
Jean Harambat
Actes sud, 2014



La parole est donnée à Homère, bien sûr, mais aussi des personnes spécialistes ou non. Le graphisme évoque souvent celui retrouvé sur les vases grecs par exemple.

Les premières pages ici.

lundi 20 novembre 2017

Fukushima Dans la zone interdite

Fukushima
Dans la zone interdite
William T. Vollmann
Tristram, 2012
Traduit par Jean-Paul Mourlon



Journaliste résidant à Sacramento, William Vollmann s'est rendu peu de temps après le tremblement de terre/tsunami/accident nucléaire au Japon et particulièrement dans la région de Fukushima.

Muni d'un dosimètre qui pour ce que j'en ai compris n'indiquera que les relevés cumulés (et donc pas à un instant T)(de plus je m'y suis rapidement perdue dans les millirems et millisieverts -sans parler des roentgens obsolètes), et ayant prévu de vieux vêtements destinés à finir dans une poubelle des zones contaminées, le voilà qui part, accompagné d'une traductrice, et de divers chauffeurs de taxi. Il a très officiellement le droit d'interviewer les gens, mais se contentera plutôt de conversations avec des japonais certes matériellement ruinés, mais -à part un- n'ayant pas perdu de proches.
Décrivant les paysages, les dégâts, l'oeil sur son dosimètre (fiable?), il va jusqu'à un périmètre interdit, et son voyage se termine à Hiroshima et son Musée mémorial.
Photo prise par l'auteur

L'on ressent son respect pour les Japonais soumis à la catastrophe, calmes et quasi fatalistes. Son ton est assez particulier, retenu, assez peu informatif finalement, en tout cas pas de conclusions définitives, c'est comme un cliché pris à un instant donné.
Souvent, une certaine ironie (ou autodérision) est perceptible.
"La sidérante capacité de l'officiel japonais à ne dire absolument rien n'a d'égal que l'absurde degré de confiance que le grand public place en lui; tandis que la suspicion cynique de l'électorat américain trouve son parfait complice dans la malhonnêteté complaisante et parfois même fanfaronne de nos officiels."

Photo prise par l'auteur


Les avis de charybde, (titré Une rareté : un Vollmann décevant, mais qui fait pourtant subtilement effet.)

Lu dans le cadre de Un mois, un éditeur.

vendredi 17 novembre 2017

Afrique australe 3 : du lourd!

Les trois derniers des Big five sont le buffle, le rhinocéros et l'éléphant. On ne les voit pas sur commande, mais pour l'éléphant ce fut un festival!


Tu me cherches, là?

Sans oublier les hippopotames

Un pépère bien peinard, ses cicatrices prouvent qu'il a su défendre son coin face aux congénères
 Sauf que...
Arrivée de l'éléphant pas content


Oui, barre-toi!

OK j'ai compris!


M'enfin, c'est qui le chef?
Quoi de plus enthousiasmant qu'un éléphant? Oui, un éléphanteau. Choyés, couvés par leurs mamans.
Le petit tète avec sa gueule les tétines situées entre les pattes avant.

Le spectacle le plus fort ce fut la traversée d'éléphants lors d'une balade en bateau sur le Zambèze.


Oui, faut penser à respirer...

Elle est pas belle la vie?
C'est sûr!
N'oublions pas plein d'animaux au fort capital sympathie
Oryx


Gnou

Coucou!



Springboks
 et un autre moins bien coté
On rigole moins, là!

mercredi 15 novembre 2017

La serpe

La serpe
Philippe Jaenada
Juillard, 2017
(lu avant le prix, mais pas possible d'échapper au bandeau, maintenant)


Jaenada (Il existe, je l'ai rencontré) est pote avec des gens que j'aime bien, et de plus il est bourré de talent. Mon manque d'objectivité sera total, mais mon avis en phase avec celui de la blogosphère, alors autant ne pas se retenir bêtement dans les louanges.

Trois jours pour avaler les 640 pages (je lis les remerciements, oui Môssieur), donc on peut dire que j'ai 'tourné les pages'. Avec Jaenada, je le savais (j'ai lu pas mal de ses romans et prévois de tout lire!) c'est du copieux, on ne chipote pas. On suit à la trace Anne-Catherine et Ernest, on découvre des trucs perso (dévoilés avec un sens de l'autodérision très sûr), vrais ou pas on s'en fiche, et on se perd un peu dans les parenthèses mais peu importe.

Là où ça suffirait à certains auteurs pour un roman (pas forcément mauvais, je ne veux pas d'ennemis), Jaenada ne se contente pas de ces amuse gueules, il donne du roboratif. Son pote Manu, Emmanuel Girard, petit-fils de Henri Girard, le tanne pour parler de son grand père, accusé d'avoir tué à la serpe (même pas bien aiguisée et au manche branlant) son père, sa tante et la vieille bonne, il répond présent, nous offre une biographie de cet Henri Girard, alias George Arnaud, auteur du Salaire de la peur (ne me faites pas de la peine, vous connaissez?), histoire qui déjà à elle seule mérite son pesant de pages écrites.
Henri Girard, tout le désigne comme le coupable, il est emprisonné (et en 1941/1943 la prison de Périgueux, ce n'est pas du cinq étoiles). Son passé parle contre lui, c'est plié, la guillotine l'attend. Sauf que son avocat s'appelle Maurice Garçon.

L'on est à la moitié du livre, oui, c'est bon, c'est excellent, que reste-t-il alors à raconter?

Jaenada part à Périgueux et se plonge dans les documents du procès, il épluche, il compulse, il fouine. Bingo! le voilà qui échafaude une hypothèse, argumente, questionne. Il faut dire que bien des détails à l'époque avaient été non pas ignorés, mais laissés de côté. C'est passionnant.

Cerise sur le gâteau, il nous fait part de derniers développements relatifs à Pauline Dubuisson, la Petite Femelle.

Alors vous attendez quoi pour lire La serpe?

lundi 13 novembre 2017

Complications

Complications
The silver wind, 2011
Nina Allan
Tristram, 2013
Traduit par Bernard Sigaud



Tristram est l'éditeur mis à l'honneur par Sandrine ce mois-ci, et il y avait du choix à la bibli. J'ai emprunté Arno Schmidt, On a marché sur la lande, et comme les 300 pages et plus avaient l'air du même tonneau que les premières, j'ai abandonné. Trop expérimental. Bravo au lecteur et traducteur quand même.
Ma deuxième pioche a été la bonne, au point que j'ai réservé un autre titre de Nina Allan.

Le problème, ça va être de savoir en parler.

Le premier texte, Chambre noire, ajouté en deuxième parution du livre, parle d'une fascinante maison de poupée, et de Sylvester John, un auteur dont le narrateur d'un de ses livres, Journal en chambre noire, se nomme Martin Newland.
Et plop, le texte, magnifiquement écrit, sautant d'un événement à l'autre sans chronologie mais sans bousculer le lecteur, s'arrête brutalement sans tout expliquer. Je reste un peu sur ma faim (comme souvent dans ce genre d'histoires).
Sauf que là, il s'agit d'honorer le rendez-vous de Sandrine, le bouquin fait 200 pages, on continue.
Et oh que j'ai bien fait!

Les courts textes suivants, de 30 à 50 pages, voient réapparaître Martin Newland, narrateur et personnage principal. D'autres sont toujours là, mais jouant des rôles différents. Dora peut être sa soeur décédée jeune, ou plus âgée, ou sa collègue, parfois son épouse Miranda n'est plus, ou alors il commence à mieux la fréquenter, Stephen est son frère, décédé ou pas, ou celui de Miranda et surtout un mystérieux nain intervient, le temps semblant ne pas avoir prise sur lui.

En horlogerie une complication est une fonction autre que l'affichage des heures minutes secondes. Elles peuvent être astronomiques, pratiques, etc. Tel le tourbillon, de l'horloger français Breguet
Le texte le plus long, Le vent d'argent, est sans doute le plus classique en matière de mondes parallèles , mais tous les autres donnent l'impression de décalages dans le temps, dus on ne sait trop comment à des horloges. Mais peu importe la technique, ce qui importe est que le lecteur est immédiatement happé par ces histoires, en empathie avec les personnages, enchanté par cette écriture fluide et élégante.

"Elle vit la trotteuse commencer à bouger. C'était une trotteuse centrale, délicatement usinée et effilée comme une aiguille à coudre. Du bout des doigts, qu'elle appuyait contre le verre, elle sentit une légère pulsation, le battement d'un minuscule cœur mécanique.
Un instant, le temps sembla hésiter, dans un infime hoquet, une inspiration silencieusement réprimée comme en présence d'un merveilleux spectacle. Puis, tout seul, le monde se remit à tourner."

Les avis de Bifrost, L'armurerie de Tchekov, charybde,

vendredi 10 novembre 2017

Afrique australe 2 : un peu de ville, un peu de gens

A regarder mes photos, il est clair que je n'aime guère prendre les gens en photo (surtout à leur insu), et que j'aime encore moins y figurer. Cependant en voici. J'y ajoute un peu de ville (sinon il n'y aurait que du paysage et du sauvage) et des rencontres en camping (donc en zone 'humaine' a priori)(mais le sauvage résiste là aussi)

Le voyage a démarré au Cap et son incontournable Montagne de la table (1085 m)(le Cap est au niveau de la mer). On peut y accéder par un sentier ou un téléphérique.

C'est là que tout le monde -ou presque- se fait photographier
Grande ville, dont j'ai surtout parcouru le centre moderne, les quartiers proprets (murs, clôture électrique, gardiennage) et le port.

Hommage à quatre prix Nobel de la paix

Un festival ce week end là
Plages superbes, oui, mais personne dans l'eau : l'océan Atlantique est trop froid!!! Je précise que durant les trois quatre premiers jours j'ai à peine quitté mon coupe vent bien doublé...

On visite les deux incontournables.

Simon's town :
Un petit air de Seychelles?
 C'est là que se sont installés il y a quelques années des 'penguins' (je sais, on est dans l'hémisphère sud, mais en anglais il n'y a que ce mot) qui ont proliféré, et il y a 20 ans se baladaient dans les rues de la petite bourgade. Depuis, tout est grillagé, contrôlé, payant, disneylandisé...
Maman et son petit, voir le plumage différent
Ensuite direction nord, ses vignes, ses orangeraies, sa 'vastitude'...
On traverse des petites villes, donc Calvinia. Fondée en 1851.300 km au nord du Cap, 970 m d'altitude.




J'ai craqué pour cette maison, plongée totalement dans l'ambiance de certains romans de Karel Schoeman. Les afrikaans, quoi.

Quant aux conditions matérielles du circuit, c'était camping! On ne montait pas les tentes, on ne faisait pas la cuisine, mais on était invité à partager les tâches tout de même. Lever vers 5 h 30, coucher vers 20 h 30, oui ça fait envie! Les premières nuits étaient froides, très froides!
Pique nique à midi

Le camion

Les tentes

Intérieur

Lors d'un arrêt en exploitation viticole
Les campings étaient corrects (piscine, petit magasin, etc...) et accessibles à des animaux dont parfois on se serait passé. Il valait mieux fermer les tentes. Dans le seul camping vraiment sauvage (juste des toilettes rudimentaires 'au fond du jardin', découverte d'une soulifuge (vous allez préférer que je ne donne pas de photo)(ça a 8 pattes, donc c'est ...), un bestiau immonde et vraiment gros, qui a terminé au menu d'un oiseau.

Un pique nique dans un parc. Un petit renard du Cap nous tourne autour, attendant patiemment qu'on lève le camp pour voir si on a laissé de la nourriture (même pas en rêve!)
 Pique nique au vrai milieu de nulle part! Pas d'autre ombre. Pas de WC.

 Ensuite ce qui pouvait être aperçu dans les terrains de camping à proximité des rivières
Pas question de faire trempette dans le fleuve
Mais on a pique niqué les pieds dans l'eau (il paraît que les crocos ont besoin de plus de profondeur, pour entraîner leurs proies haha!)
Question communication, aléatoire!

Quelques bestioles de ci de là dans les campings
Moins amusant

Ne pas nourrir les animaux


Pintade

Mangoustes rayées nettoyant la poêle (c'est la fête!)
Phacochère bien cool
Dans le dernier camping, gare à la bande de singes très très rapides pour voler les tartines, et qui se sont bien amusés avec la tente et le hamac des voisins (que du bonheur!)

Terminons provisoirement avec nos accompagnateurs, chauffeur, cuisinier (miam!) et guide.

On venait d'écraser la tête du serpent, mort sous nos yeux : belle bête quand même

Il a fallu des jours pour découvrir les tresses rasta sous le bonnet du cuisinier

L'équipe! Un tropique vraiment encore au milieu de nulle part

On s'est fait flasher au Botswana